Leçon de son avec Keith

                                     The Rolling Stones ou le jazz « bluesé »

Je vous vois venir: « Oh merde encore un article de vieux réacs qui n’ont “dieux” que pour le blues ». « Life » ou les mémoires de Keith Richards (il a été aidé par plus de 50 personnes).

Le rock est un vieil animal fatigué dont les groupes de rock rongent les os ou ce qu’il en reste. Le blues, lui, garde sa superbe. Keith Richards cofondateur et guitariste des Rolling Stones nous offre un beau un cadeau: Il n’évoque pas uniquement le blues mais aussi la culture jazz and blues. Nous allons axer l’article sur ce point. Tout simplement parce que les Rolling Stones ont un jeu de guitare blues/rock sec avec le jeu  fétiche à 5 cordes de Keith Richards dont l’origine est tiré en 1920 du banjo avant la Gibson. Mais le rythme chaloupé de la batterie en suspend est unsubterfuge jazzy. Livre idéal pour le confinement forcé, plus de 700 pages d’aventures musicales, humaines, et de précieux conseils sur l’usage des drogues sans faire l’apologie.

L’auteur évoque énormément les musiciens qu’il a côtoyé, travaillé, il les met beaucoup en valeur, et n’hésite pas à nous informer sur leur parcours. « Life « n’est pas un énième ouvrage « autocentré » à l’égo boursoufflé d’amphét’.

The Rolling Stones ou le jazz « bluesé »

« Oui, on a volé à l’étalage rien que pour que pour avoir Charlie Watts, on a réduit nos rations de survie, on le voulait tellement, le mec, et maintenant on ne pourrait plus se débarrasser de lui ! ». Si la touche d’un batteur se révèle par un subtil décalage entre la caisse claire et le charleston, Charlie Watts était l’homme qu’il fallait. Le « backbeat » s’appuie sur les quatre temps joués sur le charleston mais sur deuxième et le quatrième temps, Charlie Watts «  arrête en position levée, il fait mine de le toucher et se retire. » La caisse claire domine « au lieu de créer une interférence « . La mesure dure plus longtemps, la caisse claire est plus trainante et en place sur le charleston. Voilà un des secrets de ce groupe, ainsi on peut en conclure que ce groupe est une formation de jazz également.

Les artistes de Jazz conseillés par l’auteur

Le terme « conseillé » est abusif, mais si l’on est pas con, si il les cite ce n’est pas pour rien. Papi Keith nous met sur la bonne voie, et mine de rien il nous fourgue tous les bons à connaitre. Cliquez sur les noms et vous aurez leur lien.

« Le mec qui inspire pour regarder une fille danser  »  >  Acker Bilk

> Elvin Jones batteur

« La décontraction, le dépouillement  »  > Philly Joe Jones batteur

Naturalisé « noir » jazzman des années 20/30 a écrit « La rage de vivre » > Mezz Mezzrow

Appréciation du son  par l’auteur:  « TOUT POUR LA CAUSE »

« Ce qu’on recherche, c’est le point où les sons se fondent dans la pulsation rythmique tandis que tout le reste se distord et trouve sa place (…) faire un disque, c’est chercher essentiellement à déformer les sons » « distord » la distorsion un effet tellement emprunté également dans la musique techno. D’ailleurs, le point commun entre les propos de l’auteur et de la techno est  la volonté première de diffuser la musique de manière désintéressée  « À cette époque, on était des idéalistes avec une mission: promouvoir bénévolement le blues de Chicago. Tout pour la cause ».

Les ingénieurs du sons ont rien capté à la technologie, tellement que cette dernière a fait un bon en  avant autour de 1971/1972. « Comment se fait-il j’aie eu une super sonorité de batterie au Regent Sound Studio, avec ses boites à oeufs et un seul micro, et maintenant, avec quinze micros dans tous les coins, le son de la batterie me fait penser à quelqu’un entrain de chier sur de la tôle ondulée ? »

Avec la nouvelle technologie, au final les projets sont plus long à accoucher. « Tous ces mythes stupides à propos de la stéréo, de la hi-tech et du Dolby, tout ça va totalement à l’encontre de ce qu’est la musique » selon la guitariste. Que l’on soit d’accord ou pas avec lui, son point de vue n’est pas dégueu. La musique classique numérisée dans les années 80/90 est ré-enregistrée… C’est pourquoi, il indique  » Tout le s’est laissé emballé par la technologie, et tout le monde commence lentement à en revenir ». Pas faux. Son ouvrage a été publié il ya plus de 10 ans, et aujourd’hui il ya une recrudescence de l’écoute du vinyle (sauf pour le milieu techno qui lui n’a jamais perdu de vue ce « frisbee » sonore). « Le rock’n roll c’est une bande de types qui produisent du son dans un lieu clos, un son qu’il suffit de capturer ». En effet, les prises de sons de chaque musiciens séparés est assez froide et loin du rock’n roll. D’ailleurs, Jean-Luc Godard dans « One + one » a filmé les Rolling Stones pendant l’enregistrement de « Sympathy for the devil » . Il a clairement filmé les musiciens dans leurs cages à poules, avec un Brian Jones filmé de dos, réduit à jouer sporadiquement.

Anecdotes musicales : crédit d’auteur 

Le crédit sur la chanson des Rolling Stones « Anybody seen my baby » est alloué à la chanteuse KD Lang chanteuse canadienne pop country pour son titre « Constant Craving » dont Mick Jagger a pompé l’air, audible entre 1min 10 entre 1min 13 sur l’original. Une erreur qui aurait pu couter cher au groupe, mais c’est la fille de Keith Richards qui a reconnu l’original. Alleluia.

> L’original : K.D Lang Constant Craving

> Titre arrangé : The Rolling Stones   The Rollings Stones « Anybody seen my baby »

Curieusement, le cas de Richard Ashcroft chanteur de The Verve n’est pas évoqué. Pour rappel, « Bitter sweet Symphony » (1998) a pour bande sonore une partie de « The last Time  » (1967) du Song Book des Rolling Stones version orchestrale. On entend plus clairement la version orchestrale entre 4 min 20 et 4min 39 sur « Bitter Sweet Symphony ». La tension juridique entre les deux groupes s’est détendue aujourd’hui après plus de 20 ans de serrage de dents.

> L’original :   The Rolling Stones Song Book « The Last Time »

> Titre revu par :      The Verve « Bitter sweet symphony » version longue

700 pages c’est tout un monde, si vous désirez le lire

« Life » Keith Richards en collaboration avec James Fox publié chez Points et imprimé en Normandie !


Article: Leçon de son avec Keith
Réalisation:  Yanna Robert
Photos en une: Richard Dumas

Mouvances Libres


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